Voilà un anniversaire bien troublant que celui de l’année complétée pour cette crise sanitaire qui a amené avec elle son lot de bouleversements, de restrictions, de drames humains.

La mort, bien que toujours présente dans nos sociétés, a fait son œuvre dans des conditions hors normes. Indépendamment des motifs du décès, perdre une personne chère en temps de pandémie a rendu la fin de vie des uns et la vie des autres des plus ardues.

Vivre un deuil est déjà en soi une épreuve, alors que dire de vivre une séparation finale dans des conditions aussi contraignantes? Sentiment d’impuissance, culpabilité de n’avoir pu être physiquement présent, impossibilité d’avoir accès à la dépouille mortelle, rassemblements collectifs réduits à peau de chagrin, autant de réalités qui désolent, qui consternent, qui affligent.

Rendre hommage aux personnes qui ont définitivement quitté leur vie terrestre c’est aussi garder en mémoire celles et ceux qui ont amorcé un processus de deuil ou qui essaient, à tout le moins, d’en prendre le chemin.  L’absence de l’être aimé se fait sentir et s’insinue dans les moindres recoins de ce nouveau quotidien ou les repères sont à refaire. Le sentiment de vide donne le vertige, l’incrédulité valse avec la tristesse et la colère s’invite elle aussi à notre plus grand désarroi.

Les circonstances nous montrent à quel point la pertinence de poser des gestes en temps de deuil sont indéniables. Il y a d’abord ce que la personne peut faire pour elle-même, comme porter un accessoire ou du parfum qui a appartenu à la personne décédée, prévoir une place, aussi petite soit-elle, pour y mettre une ou des photos, une bougie, des objets signifiants. Prier, chanter, dessiner, modeler, lire un beau texte. Puis, même si les funérailles ont été réduites ou n’ont pas eu lieu, rien n’empêche de créer, entre proches endeuillés, un évènement-hommage qui pourrait avoir lieu dans un jardin privé, dans une cabane à sucre familiale ou un chalet lorsque les consignes sanitaires le permettront. L’avantage, s’il en est un!, c’est le temps disponible pour rédiger avec soin des textes, des témoignages ou encore pratiquer des chants pour le grand jour.

L’élan créatif permet de vivre de nouvelles expériences, de réaliser des rituels qui font du sens pour celles et ceux qui y adhèreront.

Et ce qui fait du sens met du baume aux cœurs meurtris.

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