Et si du bon sortait de tout ça?

Je ne pense pas que j’ai besoin de revenir en détail sur ce qui s’est passé en mars dernier. On a tous vécu la même chose. Parents, enfants, aînés, nous avons tous été touchés par ce grand confinement. Certes, à des degrés divers. Le mien s’apparentant à un repli total de ma cellule familiale; mes deux filles de 10 et 12 ans et moi-même, encabanées sans contact avec l’extérieur.

Du coup, on a lâché un grand soupir. Non pas par soulagement par rapport au fait de tomber malade ou non. Mais plutôt parce que, subitement, toutes nos obligations sont tombées. Toutes. Nous n’avions qu’à rester à la maison, nous adonner à nos passions, prendre des marches, faire du jogging, manger et écouter des séries. Pas de routine du matin stressante, d’allers-retours entre deux écoles, la maison et le travail. Les inévitables obligations dans cette vie.

Il a été dit que la population en général a vécu les événements comme un grand stress. Pour une famille comme la mienne où nous vivons déjà avec l’anxiété quotidiennement, c’est la vie « normale » en société qui nous épuise et nous stresse. Parce que la roue tourne… Parce qu’il faut sans cesse recommencer… La fatigue de chaque jour s’additionnant, on cumule des semaines d’épuisement et… on tombe. Et ça recommence.

Ce soupir de soulagement, c’est celui qui m’a aussi fait réaliser que j’allais me relever. Ce temps d’arrêt forcé, où la roue pouvait enfin arrêter de tourner, n’a pas mis que la routine sur pause. Il a envoyé notre « gros chien noir » en vacances. Le cerveau au repos, rien à planifier, rien à organiser. Pas de sorties, pas de visites. Juste prendre soin de sa petite cellule.

Comme famille, le plan était simple. Apprendre à se prioriser. Se reposer. Laisser tomber les exigences. Se créer des routines. Se forger un quotidien bien à nous sans trop de contraintes.

Comme maman, il m’a fallu mettre des balises. M’obliger à laisser tomber certaines choses que je croyais pourtant bien importantes avant. J’ai aussi appris à ne pas être   toujours disponible malgré une présence continue.       Demander. Autonomiser. Bouger. Des mots-clés pour mon équilibre avec deux préadolescentes. On a fait un sacré bon bout de chemin.

Pour moi, pour elles, je considère que du bon est sorti de tout ça. Nous sommes plus fortes pour revenir dans le monde. Ce monde qu’on avait bon espoir de retrouver changé… Il ne l’a pas tant été. Quelques jalons sont posés, certaines mentalités ont évolué. Mais nous serons toujours différentes dans un monde qui roule trop vite. À nous de profiter des pauses, même celles qui sont forcées.

Karine Giasson, maman et rédactrice

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1Tel que disait l’ancien premier ministre britannique Winston Churchill qui comparait sa vie avec un trouble de l’humeur au fait d’être constamment accompagné d’un « gros chien noir ».

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