
Le nouveau plan d’action
gouvernemental 2016-2031
Proche aidance : ce que le nouveau plan d’action du Québec pourrait changer pour vous
Le Québec a dévoilé son Plan d’action gouvernemental pour les personnes proches aidantes 2026-2031. Répit, soutien psychosocial, reconnaissance, information et conciliation : voici l’essentiel, et ce qu’il faudra suivre dans Arthabaska–Érable.
Le 18 juin 2026, le gouvernement du Québec a dévoilé son deuxième plan d’action pour les personnes proches aidantes, intitulé Renforcer le soutien pour des partenaires essentiels. Il compte 50 actions, regroupées en 9 mesures, et engage 23 ministères et organismes. L’enveloppe annoncée est de 393,4 M$ sur cinq ans, dont 96 % servent directement au soutien et aux services.
Le plan ne change pas tout du jour au lendemain. Ses mesures seront déployées progressivement. Il fixe toutefois des cibles chiffrées jusqu’en 2031.
Ce que vous en verrez dans votre milieu dépendra de la mise en œuvre régionale.
Ce qui continue
Une bonne partie du plan prolonge des services déjà en place, dont plusieurs services de l’Association.
À l’Association, le soutien psychosocial est au cœur de nos services : rencontres individuelles, groupes et activités d’accompagnement. Le plan prévoit de le poursuivre dans l’ensemble des régions et y consacre 55 M$. Pour vous, il s’agit surtout d’une continuité.
L’information sur les mesures fiscales et financières fait déjà partie de ce que nous vous offrons. Le plan vise à rendre les outils plus accessibles. D’ici la fin du plan, 70 % des organismes sans but lucratif en proche aidance devront les utiliser. Le crédit d’impôt remboursable pour personne aidante en fait partie : 89 822 personnes l’ont reçu en 2022.
Le plan ne crée pas de nouvelle prestation financière. Il prévoit d’analyser la précarité financière et le recours aux mesures existantes, puis de recommander des adaptations. L’axe qui regroupe ces actions et celles sur la conciliation reçoit 4,1 M$, soit environ 1 % de l’enveloppe.
Plusieurs services de répit sont aussi poursuivis ou consolidés : le répit de longue durée à domicile de Baluchon, les centres de jour pour aînés et les séjours de ressourcement au Monastère des Augustines. La mesure 8 consacre en outre 125 M$ aux services nationaux de soutien et de coordination, comme le service Info-aidant de L’Appui pour les proches aidants.
Ce qui pourrait changer pour vous
Le répit est la mesure la mieux financée du plan : 159,8 M$ sur cinq ans. La cible est de 15 millions d’heures supplémentaires, à domicile et hors domicile, avec ou sans nuitée. Un cadre d’orientation et une cartographie provinciale doivent aussi réduire les écarts entre les régions.
Dans le réseau de la santé, le plan veut que les personnes proches aidantes soient reconnues comme partenaires des soins, selon leur volonté. Les établissements de Santé Québec doivent adopter des politiques de partenariat qui préciseront le consentement, la confidentialité et la gestion des risques. Le plan prévoit aussi de rendre effectif votre droit de porter plainte auprès de la Commissaire nationale aux plaintes et à la qualité des services. Concrètement, vous pourriez être mieux écouté·e lors d’un épisode de soins et savoir plus clairement quelle place vous occupez dans les décisions.
Cette reconnaissance ne vous oblige pas à en faire davantage. Le plan précise que votre engagement doit respecter vos volontés et vos capacités.
Beaucoup de personnes soutiennent un proche sans se dire proches aidantes. Les services restent aussi peu connus : seulement 32 % des personnes proches aidantes connaissent le répit et 36 % le soutien psychosocial. À mi-parcours, le plan vise 52 % d’autoreconnaissance, 38 % de connaissance du répit et 42 % pour le soutien psychosocial. Il prévoit des campagnes de sensibilisation, un repérage plus rapide des jeunes proches aidant·es dans leurs milieux et la sensibilisation des médecins et des ordres professionnels.
Près de 6 personnes proches aidantes sur 10 ont le travail comme principale occupation. Le plan vise 60 organisations employeuses qui offriront des mesures de conciliation d’ici la fin du plan. C’est un objectif de mobilisation des employeurs. Il ne touchera pas automatiquement toutes les personnes en emploi. Rappelons que la Loi sur les normes du travail prévoit déjà des absences pour s’occuper d’un proche.
Certaines mesures ciblent des situations précises :
- les jeunes proches aidant·es : repérage, information, répit, ressourcement et soutien psychosocial
- les parents d’enfants handicapés : services de surveillance en dehors des heures de classe
- les personnes exposées à des comportements agressifs ou à de la maltraitance
- la pair aidance famille en santé mentale
Dans Arthabaska–Érable, le travail de sensibilisation auprès des écoles est déjà amorcé. Le plan peut le renforcer et favoriser une intervention plus précoce.
Ce qui reste à voir dans Arthabaska–Érable
Le plan fixe des orientations pour tout le Québec. Les mesures et le tableau des investissements ne précisent pas la part des heures de répit et des budgets qui reviendra à chaque région. Nous suivrons surtout :
- l’accès au répit
- les références entre le réseau de la santé et les organismes communautaires
- le repérage des jeunes
- la conciliation dans les milieux de travail
- le transport
Le transport est une tâche pour 70 % des personnes proches aidantes. L’action 9.11 prévoit de documenter les besoins et d’analyser des pistes d’amélioration, en tenant compte des réalités régionales. Elle n’annonce pas de nouveau service.
Obtenez-vous plus facilement le soutien dont vous avez besoin, au moment où vous en avez besoin ?
Cette question résume l’enjeu. L’Association continuera d’informer les personnes proches aidantes et de porter les réalités vécues dans notre région auprès de ses partenaires.
Questions fréquentes
Le plan crée-t-il de nouveaux services dès maintenant ?
Pas partout et pas immédiatement. Les actions seront déployées progressivement jusqu’en 2031. Leur disponibilité dépendra de la mise en œuvre régionale.
Le plan prévoit-il plus de répit ?
Oui. Il vise 15 millions d’heures supplémentaires au Québec. La répartition par région reste à préciser.
Où lire le plan ?
Sur la page du ministère de la Santé et des Services sociaux. Une version « En bref » de 2 pages s’adresse directement aux personnes proches aidantes.


par FRANÇOIS MELANÇON
